Dans les cours d’école, c’est une vraie mode. L’application Tik Tok est devenue indispensable. Elle permet de se filmer en chantant en playback et d’interagir avec d’autres utilisateurs. De prime abord, rien de nouveau. Mais avec ses 500 millions d'abonnés, Tik Tok est devenue l’application la plus téléchargée devant Instagram et Snapchat. Elle a révélé des stars et rendu populaires de nombreuses chansons et groupes pour les ados. Mais derrière ce décor enchanteur, se cachent de nombreux problèmes.


D’origine chinoise, Tik Tok est une application mobile de partage de vidéo et de réseautage social lancée en septembre 2016. L’ascension a été fulgurante avec une communauté qui touche les 500 millions d’utilisateurs mensuels et 150 millions d’utilisateurs quotidiens en 2018. De plus, à l’échelle planétaire, il y a aujourd’hui d’avantage de gens qui la téléchargent qu’Instagram et Snapchat. Un phénomène impressionnant donc.
Tik Tok permet aux utilisateurs de visionner des clips musicaux, mais également de filmer, monter et partager leurs propres clips. L'utilisateur choisit une chanson, puis se filme par-dessus. L'application comporte de nombreux titres ainsi que de nombreux genres musicaux. Sa célébrité a permis de propulser au-devant des projecteurs des artistes, mais aussi des chansons jusque-là peu écoutées. Elle devient un terrain de jeu couru par de nombreuses célébrités.
Cela vous rappelle peut-être l’application Musical.ly. Tik Tok est en réalité née du rachat de Musical.ly par une startup. Elle s’est basée sur le fonctionnement de cette dernière pour développer une plateforme sociale encore plus performante et adaptée à sa cible : les 10 – 16 ans.

Un principe de base qui fontionne
Le principe : des vidéos de 15 secondes à une minute, permettant de se filmer en train de danser et de chanter en playback sur une musique populaire, filtres à l’appui. Il est proposé également de répondre en vidéo à une vidéo postée ou de « liker », de partager et de commenter cette dernière. Les outils de montage de vidéo sont très simples et les effets proposés permettent de réaliser rapidement des séquences de bonne qualité. Le recours à des filtres, des masques et des effets de réalité augmentée viennent s’ajouter à la palette des possibilités qui sont proposées.
Social, ludique, interactif et divertissant, tous les ingrédients sont là pour plaire aux ados. Certains sont devenus célèbres. On parle beaucoup de Jacob Sartorius, 14 ans, surnommé le "nouveau Justin Bieber". Et on sent que l’application ne s’est pas trompée, puisque déjà Facebook propose une plateforme similaire à ses utilisateurs.

Un monde de défis
Tik Tok n’est donc pas qu’une plateforme de vidéo, puisque ses utilisateurs peuvent se suivre, discuter par messages privés et bien sûr se lancer des défis. C’est même un élément très important du réseau social. Chaque jour, le réseau en lance de nouveaux ou ses utilisateurs en créent, autant dire que cela devient vite addictif.
Parmi les défis les plus populaires : le "Photopause Challenge" (se figer lorsqu'un "clic" se fait entendre pendant une chanson), le "Hide and Seek Challenge" (disparaître puis réapparaître de façon inattendue à l'écran), ou encore le "Shoe Challenge", qui consiste à essayer le plus de vêtements et de paires de chaussures en 15 secondes, et en rythme (en ayant recours à un montage).

Un outil de créativité et d’expression des jeunes
Tik Tok est le moyen de se sentir valorisé en postant le "meilleur" clip possible, la vidéo la mieux montée, la plus originale ou la plus créative. Danser et chanter permettent aussi aux jeunes de s'imaginer dans la peau de leurs stars. Et le rendu des montages est parfois très professionnel, très créatif, pourtant réalisés par des ados comme les autres, dans leur chambre.
Plus une vidéo est "aimée", partagée et commentée, plus elle remonte dans le flux et est donc visible. Comme tout bon réseau social qui se respecte, Tik Tok utilise des algorithmes, qui permettent de valoriser les vidéos les plus populaires, mais aussi d’adapter les contenus visibles en fonction de nos goûts.

Et donc, où est le problème ?
Si ce réseau social peut paraître jusque-là assez attrayant, il pose son lot de problèmes. Le premier est que toutes les vidéos créées sont diffusées à tous les utilisateurs, elles sont donc potentiellement visibles par les 500 millions d’abonnés. En quête de valorisation et d’identité, les ados n’y voient pas forcément de problème.
Un autre problème est l’hypersexualisation des jeunes filles. Des milliers de profils de mineures sont accessibles. Et plus, les représentations utilisent des codes de séduction d’adultes (vêtements courts, mouvement langoureux, maquillage, coiffure et chorégraphies suggestives), plus les profils ont de succès, donc de followers.
Ce qui permet de conclure au 3e problème : la dangerosité potentielle de la mise en scène de soi. A la recherche de considération et de célébrité, il est assez évident que la course à la surenchère va amener de nombreux comportements risqués.

Conseils d’utilisation :

  • La limite d’âge à ce réseau social est fixée à 13 ans, comme la plupart des réseaux sociaux. De nombreux utilisateurs en-dessous de cet âge contournent le règlement. Ils risquent de se retrouver face à du contenu choquant ou inadapté, mais aussi de se faire aborder par des personnes qui pensent qu’ils ont plus de 13 ans.
  • Les données qui sont – pour le moment – publiées sur Tik Tok sont donc accessibles à tous les membres du réseau social voire à d’autres individus hors du réseau. Pour ainsi dire, n’importe qui peut voir les vidéos produites.
  • Le réseau social, pour le moment, ne protège pas les données personnelles, publier du contenu dessus est donc clairement risqué en terme de protection.
  • En créant un profil, il est possible d’interagir avec n’importe qui dans le réseau. Il est donc facilement accessible à des personnes malintentionnées, tenant par exemple des propos déplacés, voire légalement punissables, à l’encontre des mineurs. Et comme sur tous les réseaux sociaux impliquant des mineurs, on en trouve beaucoup sur Tik Tok.
  • Le contenu des vidéos peut, certes, être choquant ou dérangeant, mais c’est aussi le contenu des commentaires souvent sexuellement explicites ou crus qui peuvent poser problème.
  • Les profils de très jeunes enfants sont nombreux sur le réseau social et ils montrent des mineures hypersexualisées. Et ce sont ces profils qui sont le plus suivi. Cela peut servir d’exemple aux autres utilisateurs. L'hypersexualisation d'enfants pose tant un problème éthique, qu'en termes d'image de soi.
  • Enfin, bien que cette application a comme cible les ados, se renseigner comme enseignant ou parent à ce sujet, questionner les jeunes et les rendre attentifs au risque sont des portes d’entrée au dialogue.
  • Pour rappel, le centre ICT-VS tient à votre disposition un tableau récapitualitif des principaux réseaux sociaux avec leur âge minimal respectif. Ce document en PDF se situe ici 

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